Mardi 11 mars 2008
par mortenson
Pour ne plus écrire, pour ne plus dormir chez l'ami l'autre celui du train.
Sur le rail file l'idiot.
Pour ne plus être celui du triste, celui du rien, celui chez qui peut-être il ne se passerait rien. Pour ne plus avoir à dire l'amour à une femme sans qu'elle ne comprenne la moindre lettre de mon langage. Pour ne plus avoir à sortir une femme de mon coeur ni personne d'ailleurs: privés de sortie les gens que j'aime !
Pour ne plus écrire les mots qui font si mal aux doigts, qui s'accrochent au corps. Au corps tellement l'âme se ressent ici bas. Pour ne plus avoir à avaler des serpents repentis en lézards mais tout de même gros comme mon poing. Pour qu'on ne pose plus la main sur moi comme sur un triste ours en peluche dépenaillé, comme sur un objet de brocante trop échangé, comme la langue sur un verbe trop utilisé. Aimer. Pour ne plus jamais avoir à l'écrire. Pour ne plus m'endormir dans mes endroits secrets au milieu de la foule. Pour ne plus avoir à dire que je suis vivant
" je vais bien ne t'en fais pas"
"Mes amis étaient là
ils sont partis maintenant
je crois que ça ira"
Pour ne plus blesser personne, ni elle ni moi. Pour que l'on découvre ce que j'ai tout de même de joli à donner. Pour l'amour de tout et pour ne plus tomber. Pour ceux d'entre vous qui comprennent mes mots. Je voulais vous donner ces quelques mots.