Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 23:21
- Par mortenson

 

Je mange des clopes et du thé chaud. Quelques heures sont passés sans que tu ne bouges.

Tu dors. Je ne sais pas ce que je fais. Comme chaque fois que j’ai besoin de te parler tu dors et j’ai peur. Parler ne sert plus à rien maintenant. Je suis tombé hors de toi et tu m’y a poussé. Je respire difficilement. Toi, tu es loin et tu n’as pas peur pour moi. Moi j’ai peur. La cuisine est dans la pénombre. J’ai peur car je n’ai que toi. Ce ne sont pas des formules, je n’ai que toi, tu es moi, je pleure par toi, je rêve par toi, je ris pas toi. Toi tu es loin et tu n’as pas peur pour moi. Tes poumons vont et viennent au rythme de la vie de ceux qui peuvent la vivre.

J’ai peur comme au premier jour d’une vie, comme on doit être terrorisée par ce qui nous attend, la lumière, le jour, la distance entre soit et sa mère, le cordon, l’amour et le pire, le vide tout ce qui n’est pas : le monde qui va, indiffèrent, avec ou sans toi...

Je t’aime et j’ai trop peur. Je n’ai que toi, le monde n’est rien d’autre qu’un lieu misérable ou tu n’es pas. Demain tu ne seras plus la….Tu repars pour le monde…As tu au moins était heureuse avec moi ? On s’en fout tout ca n’a plus de sens. J’aurais aimé te rendre heureuse. Tu dors, je me sens vide, je suis juste un corps, je suis un rêve privé de ses images. Je n’ai le droit qu’aux souvenirs mais au diable les souvenirs, c’est toi qui m’as apprit ca ! Deuxième cigarette. Je mange du thé depuis trois jours…Où sommes nous ? Est ce que j’existe sans toi ? J’ai peur, purement, primairement, physiquement. Mon ventre est tordu. Je respire. J’évite la musique elle porte trop ce que je n’aurais plus. Tu viens de bouger, je connais ce mouvement, le son ensommeillé que tu fabriques la nuit, parfois doux, parfois épouvanté…Je te prend alors dans mes bras et tu te rendors au rythme de la vie qui brule, au rythme de ceux qui savent bruler.

 Je vois cet oreiller. Putain d’objets. Brulons, brulons ! Je crois que la vie se meure a force de ne pas bruler. Halte aux souvenirs, aux idées, aux rêves et surtout aux promesses. Je sais que demain c’est dans lui, cet oreiller, que je vais pleurer, transi par ton odeur, prostré par le dur physique et inébranlable de l’absence, du vide, du non toi. La fin d’un monde pour toi la fin du monde pour moi. Tu ne m’aimes plus et tu dors. Je te regarde dormir, je ne veux pas décrire toute les subîmes choses que je perçoit. C’est inutile. Pas de retour en arrière possible. Ne pas oublié, pas de sensiblerie. Tu ma toi même dit : la nostalgie ne sert a rien ! Mais je vis de ce qui ne sert a rien, c’est ma nourriture, mon essence, mon âme. Tout ca n’a donc aucun sens ? J’ai peur , une grande farce, une arnaque, ma vie entière…Sensibilité mais pas sensiblerie. Tu me l’as dit. Tu as tout dit d’ailleurs. Ne me reste que la puissance pathétique de me souvenirs, les projets pour nous deux, les espoirs….Ramassis de conneries. Du vent. De la merde. L’amour à mort ! Voilà le monde qui tourne et je respire.

Je mange du thé chaud, ma clope est terminée, s’échappent les dernières volutes et je les chasse d’un revers de la mains. J’en ai tellement rien a foutre. Rien a foutre…de moi, du temps, de mes amis, ma famille, la guerre, l’Afghânistân, mon corps. Parlons en ! Je vais devoir venir poser de corps tellement fait ce soir d’os et de chaires lourdes et disgracieuses. Cette carcasse prés de ton être, de l’idée de toi aussi grande et belle soit elle. Je ne te protègerais pas ce soir, ni demain. Pour ca tu en a choisit un autre. Mon corps va s’endormir, ton doigt ne seras pas dans mon poing. Mon poing j’aimerais le détendre mais je ne sais plus ouvrir les mains. Plus jamais. Tu dors et tu as bougé ; fut un temps ou tu rêvais de moi. Tu dors et je m’en vais pleurer. La nuit me portera comme un vulgaire colis, expédie loin de toi. Je me retourne, je n’ai même plus la force, l’envie, l’idée, le courage de te regarder. Ce serait du suicide.

A ton adieu

A la disparition du monde de l’âme et du cœur

A toi ma douce

Mon unique

Je t’aime tu ne m’aimes pas.

Dors bien ma douce je ne te protègerait plus

Et j’ai bien peur de ne plus me protégeais non plus

Adieu

Mes poings sont liés !

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