Marc marcha jusqu’au cinéma. Il y avait là un café où il pourrait toujours trouver un ami. Ses tremblements avaient reflués et Marc se sentait terriblement bien. Il marchait sur le boulevard gris et mou du cinéma. C’était la réelle entrée de la ville. La rive gauche n’était qu’un cimetière industriel flanqué de baraques qu’aucune mairie n’avait cru bon de revendiquer depuis les années cinquante. Il poussa la porte du Tambour Crevé et jetta un coup d’œil. Aucun de ses amis proches n’étaient là mais il reconnu Jean et Princesse. Il hésita quelques secondes et se dirigea vers la table. Il nota la présence d’une fille brune qu’il n’avait jamais vu auparavant. Ses cheuveux tombaient de son visage de telle manière qu’il lui était impossible de percevoir autre chose que ses yeux.
Jean l’accueili chaleureusement et l’invita à s’asseoir. Princesse l’embrassa et tenta de se souvenir si ils n’avaient pas déjà couché ensemble. Elle le dévisagea pour mieux se souvenir. Marc avait toujours cet air tendu, il était quelqu’un de très doux mais l’on sentait en lui une force nerveuse émanant de tout les parties sêches de sa petite personne. Il avait cette habitude de ne jamais laisser son regard se concentrer plus de quelques secondes. On avait ainsi toujours l’impression qu’il cherchait quelqu’un ou qu’il craignait quelque coup du sort imprévisible dont il vérifiait l'abscence, par de court regard nerveux. Princesse était formelle : ils avaient belle et bien unis le corps, à défaut d'âmes, mais elle ne pouvait quantifier le plaisir qu'elle avait, ou non, ressenti lors de cette rencontre charnelle.
Marc commanda une pression ( car il n'y avait plus d'Air de Brume) et écouta la discussion de Jean et Princesse. L’autre fille ne parlait pas beaucoup.
« Ce soir nous irons manger dans le jardin Tigre, ensuite on va aller sur la colline après le panorama »
Princesse souriait et semblait de toute manière d’accord avec n’importe qu’elle proposition qui lui permetrait de ne pas avoir à rester seule avec elle même.
« Vous allez au Pano ? »
Marc avait entendu sa voix comme il ne l’avait plus entendu depuis des années. Elle était sortie de lui naturelement, instinctivement, presque violemment, Il avait aimé le panorama comme un premier amour. Lorsque il était encore au lycée, lui, Tigre, Mathias, tous se rendaient au panorama. Invariablement ils y passaient leurs soirées à boire, fumer et parler des filles qui n’étaient pas présentes.
Du panorama on voyait la ville, on voyait les étoiles et l’on voyait la seine. Il se rappela comme Jean lui et Tigre avaient étés amis. Les meilleurs amis du monde sans doute, sur la plus haute colline du monde sans doute. Il se souvint comme ils étaient innocents, comme ils se prettaient attention les uns envers les autres. Ils s’aimaient sans jamais se l’être dit.
Puis tous on changés, Tigre, Jean et lui, surtout lui, Marc le dépendant !
Comme ils avaient changé. Leurs séparations s’était faite calmement, naturellement, tellement naturellement que Marc n’avait pas ressongé à leur amitié passée avant ce jour.Elle avait disparu avec la force d'effacement qu'a la vie normale menée par des gens ordinaires
Marc regarda Jean. Il était propre, bien plus que lui, bien plus beau aussi. Marc eût envie de le détester... mais il n’y arriva pas. Il comprit qu’il avait plutôt envie de lui parler.A son grand étonnement il voulait se confier. Jean reprit la parole s’adressant a Marc.
« Tu viendras avec nous ? »
Marc n’entendit pas tout de suite. Jean repetta sa question.
Marc voulut crier oui, mais il avait son affaire à regler avant. Sa main trembla. Depuis le début de la journée c’était la première fois qu’il n’avait pas pensé plus d’une minute au rendez vous chez Lapeine. Il voulait savoir aussi qui était la fille aux yeux qui ne parlait pas. Il regarda sa montre, encore dix minute avant le rendez vous chez Lapeine: Il souria.
« Tu viens avec nous ou pas, princesse aura son jumbé ? »
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